K. Johnson

Pile de livres

Les femmes de sciences dans la litérature

Longtemps effacées des manuels et des récits, les femmes scientifiques reprennent aujourd’hui leur place dans la littérature.

Biographies, romans et essais cherchent à réparer l’histoire, à raconter celles qui ont compté - mais qu’on avait oubliées.

Des héroïnes longtemps invisibles

Dans les récits scientifiques classiques, les femmes apparaissent souvent à la marge : assistantes, épouses ou muses.

Pourtant, des chercheuses comme Marie Curie, Ada Lovelace ou Rosalind Franklin ont marqué leur époque.

Mais leur présence dans la littérature - qu’elle soit scientifique, historique ou romanesque - était chose rare jusqu’au XXᵉ siècle. L’écriture scientifique a longtemps privilégié la neutralité et le collectif, effaçant les individus, et encore plus souvent les femmes.

Ce silence s’explique aussi par des raisons sociales : peu de femmes avaient accès à la formation, à la publication, ou à la reconnaissance académique.

Collection de livres pour enfants sur les femmes de sciences

Collection de livres sur les femmes de sciences destinés pour les enfants - depuis “Les livres qui sèment”

Quand la fiction répare l’histoire

Depuis une vingtaine d’années, les romancières et essayistes redonnent voix à ces figures oubliées.

Des ouvrages comme “Les Figures de l’ombre” de Margot Lee Shetterly, “Hypatie d'Alexandrie” de Maria Dzielska ou encore “Ada Lovelace: computer wizard of victorian England” de Lucy Lethbridge ont justement remis sur le devant de la scène ces femmes scientifiques trop longtemps effacées.

“Au cours des trois dernières années, j’ai eu pour mission de veiller à ce que ces femmes et leurs réalisations soient inscrites dans l’histoire”

-Margot Lee Shetterly

Ces récits mélangent souvent des vulgarisations scientifiques et des fictions historiques, créant ainsi un pont entre la rigueur du savoir et l’émotion du récit.

Ils permettent de montrer que la science peut être racontée autrement : à travers des parcours humains, faits de doutes, de courage et d’intuition.

Plus qu’un récit, un acte de mémoire

La littérature ne se contente plus de raconter des destins : elle répare une mémoire collective.

En réinscrivant les femmes de science dans les récits, elle change notre regard sur l’histoire du progrès et sur la place des femmes dans la société.

Ce que la science a oublié, la littérature le rappelle. Aujourd’hui, lire ces œuvres, c’est reconnaître que la connaissance s’est toujours construite à plusieurs voix - même si toutes n’ont pas été entendues.