K. Johnson

Objet de la Bu : Des vies de combat

Objet de la BU

Plus de soixante portraits de femmes noires qui ont lutté pour leurs libertés, leurs voix, leurs places.

Dans “Des vies de combat : femmes, noires et libres”, Audrey Célestine nous invite à retracer des destins souvent invisibles, pour comprendre comment le silence sur ces vies s’inscrit aussi dans la logique de l’effet Matilda.

Le livre en bref

Dans cet ouvrage paru en 2020 aux éditions L’Iconoclaste, Audrey Célestine rassemble plus de 60 portraits de femmes noires - célèbres ou méconnues - de la fin de l’esclavage jusqu’aux mobilisations contemporaines.

L’autrice, politologue et maîtresse de conférences, entend « redonner de la chair, de l’épaisseur à ces vies de combat».

Organisé en quatre grandes périodes thématiques : Vivre libres”, “Clamer « Black is Beautiful »”, “Donner de la voix”, “Assignées… no more !”, le livre traverse les géographies - Antilles, États-Unis, France - et les champs d’engagement : politique, culturel, scientifique.

Photographie d'Audrey Celestine, autrice du livre

Audrey Célestine - autrice de “Des vies de combat : femmes, noires et libres”

Pourquoi ce livre croise le thème « Matilda » ?

L’ouvrage d’Audrey Célestine résonne pleinement avec le sujet autour de l’effet Matilda.

En valorisant des femmes noires « libres », ce livre met en lumière des actrices invisibilisées de l’histoire, tout comme l’effet Matilda pointe l’invisibilisation historique des femmes scientifiques.

Parmi ces portraits se trouvent des femmes qui ont œuvré dans les sciences, l’éducation, les pratiques techniques ou l’innovation sociale : elles incarnent des “Matilda” - des femmes dont les talents ont souvent été méconnus ou non crédités. On peut d’ailleurs retrouver Katherine Johnson dans ce livre !

Extrait du livre

« Ce livre n’est pas une “histoire des femmes noires”, ou encore moins une “histoire de la femme noires”. Il se déploie sur une ligne de crête délicate à emprunter. Il entend montrer ce que la race, associée à d’autres formes de domination, fait à des vies de femmes identifiées comme noires, tout en explorant les méandres de leurs vies, de leurs réussites et de leurs échecs.De leurs combats. »

« Il faut prendre ce livre comme une introduction, une invitation plutôt, à aller fouiller les vies de ces femmes et des mille autres qui auraient pu faire l’objet d’un portrait. »

- Extrait du Postface du livre

«[...] grâce à une production hollywoodienne : Hidden Figures (2016), nommée plusieurs fois aux Oscars. Katherine Johnson reçoit une standing ovation sur scène alors que, quelques mois plutôt, peu de gens savaient qui elle était.

Son histoire est de celles dont, aux États-Unis, on aime faire des livres inspirants pour les plus jeunes. Raconter ainsi aux jeunes filles noires un peu nerds qu’elles aussi peuvent envoyer des machines dans l’espace.»

- Extrait du chapitre dédié à K. Johnson

En conclusion

Ainsi, le livre sert de ressource complémentaire : il montre que l’amnésie ne touche pas seulement la science « pure », mais aussi les histoires de femmes noires libres.

Des vies de combat est plus qu’un livre : c’est un signalement historique, un appel à voir et à nommer celles qu’on n’a pas laissées dans les récits dominants. Il redonne voix aux femmes noires libres.